Notions de base en Omaha High / Low

Comme dans toutes les variantes de poker, la première notion à maîtriser est de connaître la valeur et le potentiel de sa main, de départ (cartes privatives), comme ceux de sa main composée (nos cartes privatives + les cartes communes).

Notions de base:

En Omaha H/L encore plus qu’en HoldEm, qu’en Omaha High, qu’en Stud, qu’en Razz et en Stud H/L même, avoir un As dans son jeu revêt une importance aussi grande !

Beaucoup le considèrent même comme un Joker. Car d’avoir un As est souvent nécessaire pour composer les meilleures mains hautes et les meilleures mains basses, voire de scooper*, ce qui veut dire de prendre les deux pots à la fois (High et Low). Bien sûr, avoir un As seul n’est pas suffisant, et il est nécessaire qu’il soit « bien accompagné » – notion familière des joueurs de HoldEm qui connaissent l’importance du kicker*, mais qui est assez différente en Omaha H ou H/L. En Omaha H/L, avoir un As bien accompagné signifie que nous possédons un As qui a le potentiel de jouer les meilleures mains possibles (meilleures couleurs, suites à l’As, meilleures mains basses, etc.). Ainsi, avoir un As et une carte appareillée à son As est un atout ; avoir un As et un 2 est un atout ; avoir un As et KQJ peut être un atout si des cartes hautes tombent ; avoir une paire d’As est un atout qui nous permet d’assurer une main haute au moins égale à cette paire d’As. Cependant, dans la plupart des cas, il convient de ne pas surévaluer sa main, dont la valeur pourra nettement jouer en notre défaveur en fonction du board. L’idéal étant que notre quatre cartes soient « accompagnées », c’est à dire que chacune de notre quatre carte permet de renforcer la valeur des autres : c’est par exemple le cas de AKQJ, avec idéalement l’As appareillé. La faiblesse de cette main venant du fait qu’elle ne permet que de jouer les mains hautes.

D’après ces quelques notions, on peut maintenant énumérer quelles sont les solides mains de bases au Omaha H/L, celles avec lesquelles il faut relancer voire surelancer préflop.
S’il y a parfois quelques divergences parmi les avis, on peut cependant dire que les mains suivantes en font partie :

AA23, bicolore de préférence (les As sont appareillés avec le 2 et le 3). Souvent considéré comme la main parfaite de départ. L’équivalent du American Airlines en HoldEm.

Cette main est très forte dans la mesure où elle assure d’avoir au moins une paire d’As comme main haute ; de jouer les meilleurs tirages couleur si les As sont appareillés au 2 et/ou au 3 ; de jouer des suites basses ; et de jouer les meilleures mains basses dans presque tous les cas (voir « A2 accompagné »).

Avoir A2 accompagné

Comme on l’a remarqué, A2 est souvent associé au meilleur bas dans les tirages. Cependant, il est dangereux d’entrer dans un coup que pour la raison que l’on possède A2.

Deux raisons à cela:

Si l’on ne joue pas de tirage haut et qu’un adversaire possède aussi A2, on a toutes les chances de partager le pot Low ; c’est à dire ne prendre que 1/4 du pot total final. A moins d’être quatre ou plus à révéler ses cartes à la fin, on aura perdu de l’argent au final.
Et c’est la principale raison : si un A ou un 2 vient au tirage, on ne peut plus jouer de Low, ou en tout cas, plus le meilleur Low !! Ce qui est d’autant plus terrible si un A ou un 2 arrive au Turn ou à la River et que l’on a engagé beaucoup de jetons dans le coup.
Il convient donc de savoir fortement modérer un A2 en main lorsqu’il n’est pas accompagné, et de savoir le lâcher tôt dans le coup si le tirage ne nous est pas clairement favorable.

Lorsque nous possédons A2 en main, ces deux cartes deviennent bien plus fortes préflop lorsque nous possédons aussi un 3, soit la main de départ A23x. Cette main nous permettra de jouer, dans la très grande partie des cas, les meilleurs Low (pourvu bien sûr que le board* possède au moins 3 cartes basses). Si un As tombe au board, nous possédons le meilleur tirage bas avec 23. Et de la même façon, si un 2 tombe, nous possédons le meilleur bas avec A3, et si trois cartes basses tombent qui ne sont pas A ou 2, nous possédons le meilleur bas avec A2. Les seules difficultés de faire le meilleur bas viendront si un As ET un 2 tombent au tirage. On notera que les mains de départ A24x ou A34x restent fortes car, en fonction des tirages, elles pourront souvent faire le meilleur bas. Dans le second cas, il faudra la manier avec précaution car elle reste assujetit au fait qu’un 2 tombe au board.

Le bluff total : un suicide sur des boards multiples
Lorsque l’on évoque le poker, il est très fréquent que l’on se mette à parler de bluff, de capacité à bluffer, voire d’art du bluff, dans les secondes qui viennent. En effet, le poker n’est pas un jeu de cartes dans lequel les meilleurs jeux gagnent nécessairement, mais où l’on peut gagner des pots en faisant croire que l’on a le meilleur jeu. Quiconque a joué au poker le sait, et l’a pratiqué plus d’une fois.

Souvent aussi, avant de démarrer le poker, on associe le bluff au fait de miser avec rien, pour tenter de remporter le pot tout de suite. Même si cette pratique est parfois utile, voire nous permet de remporter un coup important, nous devons utiliser cette ressource de façon très précautionneuse. Car dans la plupart des cas, elle mènera a une double erreur: celle d’oublier que l’adversaire n’est pas dupe, et celle d’oublier de garder une roue de secours dans le cas où le bluff tombe à l’eau. C’est à dire que le tirage à venir peut encore nous aider à avoir la meilleure main, même lorsqu’on n’est pas favori.

On distinguera alors deux types de bluff : le bluff total, et le semi-bluff.

Le bluff total correspond clairement à la tentative de faire abandonner sa main à notre (nos) adversaire(s), au plus tard à la rivière, car on ne pense pas pouvoir gagner à l’abattage des cartes. Dans un tel cas, mieux vaut avoir bien évalué les risques que l’on prend et la manière d’arriver à notre fin, car si l’on est suivi, cela signifie que nous n’avons pas le meilleur jeu.

Le semi-bluff correspond à une arme redoutable au poker: miser ou relancer afin d’effrayer l’adversaire avec une main qui n’est pas forcément la meilleure, mais qui a de bonnes chances d’être améliorée. En d’autres termes, même si vous êtes suivi, vous avez encore des chances non négligeables d’améliorer votre main en une main forte.

En Omaha H/L, il est très dangereux de tenter un bluff total sur un tirage qui permet à votre adversaire de jouer un tirage Low. Car s’il pense que vous jouez une main haute forte, alors il pourra être tenté de suivre avec un Low médiocre ; et à l’inverse, s’il pense que vous jouez une main basse forte, alors il pourra être tenté de suivre avec un High médiocre, et scooper*.

Pris entre deux feux : savoir lâcher des mains qui ne sont pas max
Une situation très dangereuse en Omaha H/L est de posséder une main qui permet de réaliser un High fort, et un Low fort, mais qui ne sont pas max. Dans ce cas là, il est difficile de s’extraire du coup car on peut penser que l’on a une double chance de remporter l’un des deux pots. Lorsque vous n’avez qu’un seul adversaire, alors il peut s’agir d’une raison suffisante : souvent, il ne pourra être max que pour l’un des deux pots, et vous remporterez l’autre. Lorsque vous avez deux adversaires ou plus, alors il y aura un grand danger, et mieux vaudra avoir cerné vos adversaires tôt dans le coup, pour ne pas avoir engagé trop d’argent pour être commited* !

Car si vous êtes pris entre deux feux, voici à quoi vous vous exposez :

un premier adversaire mise pour son meilleur tirage bas ;

avec votre main, vous aurez tendance à suivre ;

si votre successeur est max en High, il aura toute raison de relancer ;

votre premier adversaire aura tendance à relancer à tapis s’il a le meilleur bas, afin de vous casser la cote pour suivre même si vous possédiez le meilleur low ;

là, il faudra surtout coucher votre main.

Parfois même, vous aurez tendance à suivre une surelance entre deux feux, qui sera encore relancée à tapis derrière vous. Alors un conseil : lorsque vous n’avez ni Low ni High qui soit max, évitez toujours d’être pris entre les mises de deux adversaires. Car souvent, vous ne toucherez ni High ni Low, et direz adieu à beaucoup de jetons !