Le Continuation Bet au Texas Hold’em

Comment bien jouer ce terme que l’on connaît mais que l’on ne maitrise pas forcément ?

Principes de base

Le « continuation bet » est une mise continuelle, à chaque tour d’enchère. Ce n’est donc pas un système de relance sophistiqué comme le « New York back-raise » ou bien le check raise. Néanmoins, ce système d’enchères simpliste a pour qualité principale de mettre votre adversaire dans le flou.
Comme vous ne variez pas les mises, vous montrez la même force que ce soit pré-flop, au flop, au turn et à la river. Le continuation bet est aussi dévastateur quand il accumule les images que l’on se fait sur vous. Si vous avez l’image d’un joueur serré, préférer le continuation bet peut être bénéfique. Vice Versa, si vous avez l’image d’un joueur large, préférer le continuation bet lorsque vous touchez un monstre peut vous rapporter beaucoup. Plus les joueurs semblent vous connaître, plus le continuation bet précipitera les adversaires dans le trouble.

Le continuation bet est aussi le type d’enchère le plus risqué. C’est pour cela qu’il ne faut pas hésiter à relancer costaud. Si vous relancez pré-flop, que vous trouvez plus de 2 payeurs, abandonnez tout de suite le continuation bet. Il faut 2 joueurs ou moins pour limiter les risques de monstres offerts lors d’une tentative de continuation bet.

Dans tous ces cas, ne réfléchissez pas. Misez. Si vous avez montré de la force pré-flop, alors misez. Voilà le principe du continuation bet.
D’où la nécessité d’écarter bon nombre de joueurs pré-flop. J’ai d’ailleurs oublié de vous prévenir que la position peut avoir son importance lors d’une tentative de continuation bet. En début de parole, le continuation bet risque de s’avérer catastrophique. En dernier de parole, le continuation bet semble idéal, mais peut se brûler les ailes. En effet, si pas mal de joueurs ont passé pré-flop, et que vous misez gros en dernier tour d’enchère, les adversaires restants vous prendront pour un funeste voleur de pot qui risque de vous traîner le reste du coup. L’idéal serait probablement de parler juste avant le dealer.

Je vous déconseille le continuation bet. Le flop monocolore est un répulsif au continuation bet. Parce que si quelqu’un possède un seul cœur, il est capable d’aller jusqu’au bout à vos côtés. Pareil pour les tirages quintes trop évidents où le nombre d’outs pour vos adversaires risque de vous couter cher.

Comment jouer mon continuation bet contre chaque type de joueur ?

Le serré passif

Ce type de joueur se couche sur environ 70-80 % des continuation bet. Ne soyez pas effrayé par ces calls dignes des possesseurs de nuts. Misez.
Plus que la mise au flop, c’est votre mise au turn et à la river qui sont primordiales. Si vous ne misez pas au turn par exemple, le serré passif ne vous donnera pas plus d’information en checkant ou en misant légèrement. Alors persévérez.

Le serré agressif

Face à l’archétype du joueur de poker, finassez votre continuation bet. En général, ce joueur relance ou paye votre main. Pour cela, le continuation bet est efficace dans toutes les situations favorables plus les tirages improbables. Toutes les quintes ventrales ou couleurs backdoor sont jouables. Bien sur, plus le contexte vous est favorable, plus vous pouvez effectuer un continuation bet avec ces mains-là.

Les joueurs larges

Là commence le nerf de la guerre. Car faire passer sur des relances costauds des joueurs serrés, va de soi. Dans les deux cas, ces joueurs payent de 50 à 70 % de vos continuations bets. Alors comment se débarrasser de joueurs larges dans un système d’enchères qui justement affolent les côtes les plus improbables ? Prenons chaque type de joueurs larges.
Le calling station, le police-man : le large passif
Le value bet sera ici votre ami. Ne vous posez absolument pas de questions lorsque vous tombez sur la TPTK (Top Paire, Top Kicker), la Top Paire, le brelan, les deux paires ou n’importe quel tirage touché dès le flop. Vous perdez tout votre potentiel de gain si vous pratiquez là le check-call. En clair, pratiquez le continuation bet dès que vous avez une main. Sinon abstenez-vous.

Le large agressif ou le joueur on tilt

Deux joueurs entrent dans cette catégorie. Le premier est le joueur large agressif qui veut vous relancer. Le deuxième, c’est le joueur qui vous observe depuis une heure, et qui en a marre de se faire pourrir par vos continuation bets. Celui-ci peut être donc à la base serré agressif mais la vengeance est un plat qui se mange froid.

En ce qui concerne la première catégorie, laissez ces joueurs vous surprendre par ses mises incongrues. Là encore, miser au flop et checker au turn, pour faire un check raise est forcément mal joué.
Ici, vous dévoilez un signe de force qui donnera beaucoup trop d’informations à ce type de joueurs. Soit vous dévoilez votre bluff, soit vous dévoilez votre monstre.

Il ne faut pas autant value better qu’avec un joueur large passif. Car jouer plus passif au flop s’avère tolérable. Dans ce cas, mitraillez-le au turn et la river. Il faut que vous fassiez retourner son agressivité contre lui.

Varier son jeu

Comme dit plus haut, vous avez une certaine image à la table. Celle-ci peut être entièrement découverte si vous abusez de ce système d’enchère. Alors soyez vigilants. Plus vous brouillez votre image, plus les joueurs adverses vous mettent sur un grand éventail de mains et plus vous les poussez à la faute.